Ab intestat.

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lundi, novembre 23 2009

La spirale

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This war is silent

lundi, octobre 12 2009

Histoire d'un amour

Que dis-je ? Un amour...Une passion dévorante...! A un âge où la tristesse et le speen de l'ennui envahissait peu à peu mon esprit torturé d'adolescente. Bien vite, alors que mes amies gardaient précieusement une petite photo cachée d'une amourette passagère dans leur porte-feuilles, j'affichais mon grand amour partout, sur les murs de ma chambre, à la vue de tous et clamais mon ardente flamme. Je souhaitais ce bonheur communicatif, non exclusif et j'adorais le partager. Plus que tout, j'amais le partager avec mes amis.

Nous nous rendions, alors, en des lieux fabuleux. Bien que tous différents, l'ambiance était toujours exquise, un peu pesante, comme si toutes les personnes réunies attendaient la même chose. La lumière se tamisait alors jusqu'à nous laisser dans l'obscurité et l'objet de mes désirs racontait son histoire, une histoire toujours renouvelée. Et l'auditoire jouissait de concert de la même émotion: rires, pleurs, suspense, horreur...Son récit achevé, je ne revenais à moi jamais indemne, comme ivre et prête à revenir à lui très vite, trop vite.

Les années passèrent et toujours dévouée, je décidais de me donner à lui, de ne vivre que pour et grâce à lui. Je m'installais seule et passais mes journées à prendre soin de lui. Le soir, je revenais écouter et vivre ses histoires. Certes, quelques aventures de passage auraient pu me détourner de nos rendez-vous, mais je restais fidèle à ma passion qui me tenais à lui depuis si longtemps.    

Et puis la vie m'a séparé de lui et je ne m'y attendais vraiment pas. J'ai pensé vainement le retrouver dans la capitale en suivant un autre amour, d'un genre bien différent, et nous nous sommes perdus. Pourtant, je l'aime toujours, mais ce n'est plus pareil. Je le retrouve quelque fois, le temps d'une histoire. Je prends toujours un plaisir indescriptible à m'asseoir en ces lieux que je fréquentais tellement autrefois. Je ris souvent, je verse quelques larmes aussi, me laisse aller toujours à mes émotions.

Je me sens comme une femme qui revoit son vieil amant et le quitte jusqu'au prochain rendez-vous interdit. Oh, mon Cinéma, oh, mon amour !

vendredi, octobre 9 2009

Le lecteur

Le lecteur

Tu sais quoi… ? Je suis fatiguée. Lessivée. Crevée.

Et ta photo ? Désolée… elle ne m’inspire qu’un regrettable mépris. Je veux dire, dans le choix du sujet pris en photo. Pourquoi ? Parce que finalement, si aujourd’hui on se retrouve dans un bourbier pareil, c’est surtout à cause des gens de la génération de cet homme (qui, en plus, à l’air de prendre bien paisiblement les mauvaises nouvelles du jour…)

 Du moins, c’est mon avis.

C’est sûr, il a l’air bien brave, assis là, à attendre son café ou je ne sais quoi, mais c’est le genre de type, né dans les années du début du baby-boom et qui fait partie de ceux qui ont gueulé en mai 68, de ceux qui ont fait croître le progrès dans tous les domaines : la communication, les modes de consommation… de ceux qui ont crée le concept de mondialisation et donc creusé de plus en plus le fossé entre les pays industrialisés et l’autre hémisphère du globe. Il fait partie de ceux qui ont pollué durant des années les plus beaux paradis terrestres, qui ont épuisé jusqu’aux dernières ressources de la planète. Il fait partie de ceux qui grouillent et qui se pressent dans leurs chères automobiles ou dans les métros de la cité sans décocher un seul regard à leur voisin. Ce même bonhomme qui va me regarder de traviole aujourd’hui parce que je vais faire couler un peu trop d’eau quand je vais me laver les mains !

Bande de salauds avec vos films moralisateurs ! Je vous en donnerais moi, du « Home », du « Syndrome du Titanic » ! Vous avez tout saccagé et c’est nous aujourd’hui qui devons, je cite le film vu hier en avant-première : « Nous limiter, préserver », voire « renoncer » à ce que nous avons ?

Je te déteste, rebus d’homme tranquille qui lit son journal ! Je suis fatiguée et c’est à cause de toi ! Et d’ailleurs, tous les gens de mon âge sont fatigués. Plus personne ne va brûler son soutif devant des CRS à l’œil hagard. Les gens qui vont au turbin, pour ceux qui ne se suicident pas, y vont soulagés, parce qu’ils ont la chance d’en avoir trouvé un. Pour les autres… ? Nos soit disant grands hommes s’en fichent, ce ne sont que des chiffres que l’on peut interpréter à sa guise. Plus personne ne se soulève. Le peuple devient ignorant, la foule est molle. Molle. Fatiguée. Lessivée. Crevée. Combien de temps ?    

  

  

 

mercredi, septembre 30 2009

La vague

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Il avait laché la main du gamin à qui il venait d'expliquer peut-être pour la cinquantième fois de la journée qu'il valait mieux ne pas trop s'éloigner... Le jeune avait alors levé les yeux, de cet air qu'ont souvent les pré-ados, du genre: "primo, t'es pas mon père et deuzio, je fais ce que je veux !".

Mais bon, le barbu, ce n'était pas vraiment la peine de le chercher quand il commençait à saisir son appareil et que semblait monter en lui cette espèce de "vague" insondable qui s'achevait dans un déclic photographique. Après tout, il avait été bien gentil de m'avoir mené jusqu'ici, au Musée d'Art Moderne (rien ne l'y avait obligé), entre mecs. Mais ça, oh non! Ce n'était pas la peine de le lui dire, il aurait bien trop heureux et soulagé de l'entendre. Quel est véritablement l'intérêt d'un "merci" ? Autant le laisser prendre quelques photos et le voir surfer sur sa vague, bêtement passionné de tirer le portrait, même de dos, de quelques quidams parisiens... Celui-ci était tatoué. Sûr que "Maman" n'aurait pas été d'accord de me voir revenir comme ça. Quoiqu'en ne disant rien, un beau jour...j'imagine bien leur trogne...Passons.

Le voilà qui déambule toujours. Ca ne me plaît pas terrible, moi, la photo. Ca ne bouge pas, ça ne parle pas. A lui "ça lui parle", ça raconte des tas de choses. Va savoir, peut-être qu'il s'évade avec ça ? Mais dans ce cas, où s'évade-t-il ? De toute façon, ce mec, il ne le reverra plus !

Un déclic retentit sur le marbre clair du parvis du Palais de Tokyo. "C'est dans la boite !" lança-t-il au gamin qui jeta rapidement et comme de bien entendu ses mirettes au ciel bleu. Et ils repartirent en direction de l'avenue du Président Wilson, sans trop s'éloigner l'un de l'autre...

lundi, septembre 28 2009

Monsieur

Ce matin, chose qui n'est pas dans mes habitudes, en prenant place dans le bus, je me mets à lire un de ces journaux gratuits laissé à l'abandon par une des passagères assise avant moi... Je tombe sur un article: Monsieur est mort. Voilà. Un arrêt cardiaque. Il avait tout de même 83 ans. Celà explique peut-être bien des choses, mais me voici en larmes, totalement bouleversée, les jambes coupée par cet événement complétement logique qui fait partie de la vie. Monsieur est mort. Cet homme était celui qui fut jadis mon patron, celui-là même qui m'a embauché au poste que j'occupe actuellement, celui que détestait mon patron actuel, au point de lui avoir "enfoncé un gros coup de poignard dans le dos" pour le faire virer. Le voici, maintenant, qui témoigne dans ce même journal, disant que certes, ils avaient quelques différends, mais que c'était un homme altruiste, un homme juste et bon, un "grand homme"...

Oui, c'est vrai. Bien que né "une cuillère d'argent dans la bouche", Monsieur se foutait bien de la hiérarchie sociale et était aussi accessible pour ses proches collaborateurs que charmant avec les "petites mains" dont je fais partie. Je me souviens d'ailleurs l'avoir croisé dans les couloirs, des mois après qu'il ait été évincé, et l'avoir appelé par son titre d'autrefois. Il m'avait alors pris la main pour la baiser, comme on le ferait pour une dame de la haute.

Je l'aimais ce papy et les gens du quartier où je travaille, aussi. Alors j'ai du chagrin. De plus, c'est à moi qu'est revenu le "terrible honneur" d'aller acheter registre de condoléances et gerbe commémorative ce matin. Une photo de lui a été fixée dans le hall et tous peuvent écrire un mot. Pour ma part, je suis allée demander à ma Directrice l'adresse personnelle de sa famille pour pouvoir envoyer une petite carte. Elle a eu l'air surprise au début, mais me l'a donnée sans broncher.

Monsieur est mort. Vive Monsieur !

 

mardi, septembre 22 2009

Petite Playlist Personnelle

J'avais envie de me souvenir d'eux en musique...

Didier (Little Scare - Benjamin Diamond)

"all we have
it's little scare
we dont mind
we dont care
remember
I thought your time
all you know
will let you cry"

Ditch, c'est mon "ex", 4 ans de ma vie, dont 2 ans inutiles. Mais finalement, c'est resté mon bon copain malgré tout. Les mauvais goûts en matière de musiques électroniques que je garde encore aujourd'hui, c'est à lui que je les dois, mais je ne regrette rien. Ce garçon, qui est un bon père cheminot contrôleur respectable et responsable aujourd'hui, a eu raison de ma virginité, dans un mobil home un matin du mois août. J'adore sa femme, j'adore sa fille et je me dis qu'on devrait se voir plus souvent...

Marc (Everybody Hurts - R.E.M)

"When the day is long and
the night, the night is yours alone,
when you're sure you've
had enough of this life, well hang on. "

J'ai parlé de lui, déjà, sur ce même blog. Rencontré au lycée, cette créature quasi-surhumaine avait le pouvoir de sécher mes larmes, de me faire me sentir bien, zen, détendue. Je ne saurai dire pourquoi. Pas étonnant qu'il soit devenu médecin aujourd'hui. Il me fascinait: nous parlions de bouddhisme, d'ésotérisme. Et il s'éforçait, en toutes occasions, de demeurer pacifiste, ce qui avait le don d'agacer certains de ses bons copains. Il n'a jamais voulu aller plus loin, si ce n'est danser avec moi sur ce slow langoureux, en me murmurant à l'oreille des passages de "J'irai cracher sur vos tombes" de Vian. Tout un art...

Nicolas (Glory Box - Portishead)

"I'm so tired of playing,
Playing with this bow and arrow,
Gonna give my heart away,
Leave it to the other girls to play,
For I've been a temptress too long.
Hmm just,
Give me a reason to love you,
Give me a reason to be,
A woman"

Je l'adorais, je le chérissais, je le vénérais. Je l'aime. Nicolas faisait partie de ces garçons inclassables et uniques qu'il était, selon moi, beaucoup trop facile d'aimer. Le spécimen jouait de la guitare et m'appelait souvent au téléphone pour me parler des pédales wha-wha ou bien simplement me jouer des petits airs. Ce genres de "conversations musicales" duraient des heures... J'aimais me promener avec lui, rire avec lui, partager avec lui, jusqu'au jour où je n'ai aimé que lui, mes yeux ne voyaient que lui. Et lui est resté aveugle et sourd. Un joli regret du passé...

Franck (Mon Homme - Zaza Fournier)

"Il veut faire une maison

Un endroit idéal

Des fleurs toute l’année

Une carte postale

Moi, je le suis, Mon Homme

Il veut de beaux enfants

Et un chien souriant

Qui nous dirait « Bonsoir »

Même quand on rentre tard

Moi, je le suis, Mon Homme"

 

Il partage ma vie depuis décembre 2001. J'avoue n'avoir qu'un seul regret: être tombé dans ses bras immédiatement, sans qu'il n'ait eu aucun effort à produire. En gros, j'attends toujours un premier rendez-vous. Il le sait d'ailleurs, le goujat. Pas une once de romantisme chez cet ours mal lèché. La chanson de Zaza Fournier, qui me mettrait presque la larme à l'oeil est criante de vérité, elle lui correspond bien. Il est souvent dur à vivre, nous n'avons pas les mêmes goûts, nous sommes très différents, mais il se trouve que près de lui, j'ai appris que vieillir n'était plus un problème...

 

Eric (La tête brûlée -William Sheller)

 

"Ce fût une liaison éphémère
Comme il en est parfois
Dans les hasards de la guerre
Vous et moi.
Ce fut la longue route au calvaire
On peut plus revenir en arrière
Accroché à vos bras
Avec le cœur qui cogne et l'autre qui s'en va
Et l'on est plus personne et l'on en reste là."

 

Chanson aux allures de tragédie pour une passion fugace et un amour torride qui dura ce que durent les roses. Puis une vengeance très féminine dans le style. Enfin, une promesse: ne plus revoir ce visage.

 

Matthieu (Il pleut -Emilie Simon)

 

"Il pleut
Dans ces gouttes de pluie
Mes doutes s'enfuient
Je ne m'ennuie plus
Il pleut
Mais ce n'est pas la pluie
Qui occupe mes nuits"

 

C'est très dangereux de jouer avec le feu, surtout quand ce feu est virtuel. On se dit que tout est permis, que ce sera un gentil petit jeu sans conséquence et puis...catastrophe! On se consume bel et bien, mais pour de vrai, à la lecture de mots à double tranchant. Je l'appelais "Ma petite Muse". Avec lui, mon inspiration semblait ne plus connaître de limites, mon imagination était en perpétuelle effervescence et il m'exhortait à toujours aller plus loin dans nos délires intellectuels. Pour me calmer, une seule solution était envisageable: nous rencontrer. Ce que nous avons fait au bout de 3 ans d'échanges "mailistiques". Grosse baffe: nous étions des personnes normales...!

 

Sofiane-Sam-Patrick-André (Imma Be - Black Eyed Peas)

 

"Imma be a brotha but my name aint lehman
Imma be a bank ill be loanin out seman
Honeys in debt baby bouncin them checks
But I don't really mind when they bouncin them checks
Imma be imma be imma be i'm imma be
Rich nigga
Imma be imma be imma be i'm imma be"


Je ne pouvais pas terminer cette drôle de Playlist sans eux, mes agents de service. Eux sans quoi mon local de fournitures ne serait qu'une pièce sans âme, sans joie... Le premier est le plus jeune. Fougueux et agressif, il n'aime pas franchement qu'on lui donne des ordres. Il m'a vouvoyé longtemps jusqu'au jour où je lui ai donné l'ordre de me tutoyer. Bizarrement, moi il m'écoute. Sam fait la gueule tous les jours, mais il bosse pour trois. J'essaye tant bien que mal de le dérider. Patrick est un phénomène: il est complètement dingue de moi et je ne sais pas comment m'en défaire. Cherchant par tous les moyens de me tripoter, me coincer dans un coin, il m'inflige un harcèlement incessant qui devient de plus en plus lourd. Aah! Ces créoles... ! Enfin, André est une crème, c'est quasiment un ami. Nous parlons énormément, il remonte le moral des gens et il est toujours prêt à rendre service, un type génial.

 

jeudi, septembre 17 2009

Jargon comptable (en être...ou pas)

Tu sais, je repense souvent à notre dernier 209/6257. Sympa. Un peu tendu, certes, mais y avait de quoi. Surtoût, que ce soit clair entre nous, je ne t'en veux absolument pas. Et puis même si dans un de mes derniers billets je reparle de ce moment un peu pénible en 60.01 avec un ton un peu sarcastique, c'est parce que j'essaye d'exorciser un peu. En gros je fais ce que je peux.

Enfin...que peut-on faire quand l'un se focalise sur le 25.73 pour éviter de flancher et l'autre divague sur du 18.12 ?! Aaah! La catégorie d'achat 18.12 ! Vaste sujet, si peu abordé dans un sens ou trop dans l'autre, mais au final trop dangereux à bien y réflechir...! Et puis j'en connais une, ta femme, comme toutes les femmes, d'ailleurs, qui n'est évidemment pas prête à du 020/6135. Normal, je n'aimerais pas vraiment, moi non plus... 

Alors, sans qu'elle ne le sache, c'est un peu comme si je demandais une augmentation d'enveloppe budgétaire au coup par coup. La DRM (toi) me répond "oui" quand les disponibilités de crédits le lui permettent. Simplement, il me semble que cela fait si longtemps que cet échange dure qu'il serait temps de créer un ROP. Ce qui faciliterait nos comptes. Et comme "les bons comptes font les bons amis"...Tu crois pas ?

Je me demande aujourd'hui encore, mais je sais que ce n'est pas la première fois que je vais te poser cette question: comment se fait-il que nous n'ayons jamais partagé de 77.02, ou de 23.11 (qui a toujours été ma passion) ? Nous ne sommes jamais sortis ensemble. En fait, je trouve ça con. Mais ça aussi, je crois que tu le sais...

Bon. Ben, je vais retourner bosser. La pause ne m'aura pas trop dépaysé cette fois...

 

mardi, septembre 15 2009

Que horas son, mi corazón ?

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- "Y a quelque chose qui cloche ?" demanda-t-elle, mine chafouine, alors qu'elle finissait juste une gorgée de café.

- "Tu vois le charmant petit couple derrière toi...Surtoût ne te retoune pas...!" murmura l'autre aux cheveux longs et dorés, alors que son amie amorçait un regard peu discret en arrière. Revenant vers elle, la brunette se rendit compte que la blonde serrait les dents et tentait de ravaler une première larme. Elle lui prit la main, de celle qui ne tenait pas sa tasse.

- "C'est qui..?

- Un souvenir. Pas si mauvais...mais je suppose qu'il doit s'agir de "Madame". C'est la première fois que je la vois avec lui. Alors ça fait un peu bizarre, tu comprends...?

- Elle, elle sait que tu existes ?

- Je ne pense pas, non. Vaut mieux pas, en fait...Il était déjà marié avec des enfants lorsqu'on s'est rencontrés. Je ne pense pas qu'elle approuverait...De toute façon, je ne sais pas de quoi je me plains, je savais très bien à quoi je m'engageais. En plus, des histoires à la con comme ça, ça arrive tout le temps à plein de filles et à la fin, ça fini toujours mal ou de façon pas nette ou en "eau de boudin"... "

Elle s'agitait sur sa chaise et essayait tout à la fois de murmurer. Ces gesticulations silencieuses en devenaient presque bêtement comiques. Puis elle se remit à penser aux rares moments qu'elle avait pu passer avec lui. Trop courts, car volés, interdits, électriques. Presque trop tristes. Mais "L'autre", comme elle la surnomait pour mieux la dénigrer en secret, finalement, devait être une femme faite comme il faut pour lui. De ce qu'elle en savait, elle lui avait donné de beaux enfants qui faisaient son bonheur et malgré tout, elle avait su le garder envers et contre tout. Pour la première fois, elle pouvait les voir d'un oeil différent.

En un instant, elle prit le parti de se lever.

-"On y va !" dit-elle. Alors la brune la suivit. Elle stoppa devant la table du couple qui interrompit sa discussion

- "Je vous prie de m'excuser, Messieurs dames. Auriez-vous l'heure s'il vous plaît..?" et elle dégaîna son plus joli sourire. Il la regarda, l'oeil fixe, mais c'est "l'autre" qui prit la parole.

-" Merci beaucoup. Bonne journée...

- Au revoir...Madame...". Et il la vit disparaître au dehors. Mais déjà, sa femme repartait dans sa discussion, une de ces discussions préoccupantes de samedi après-midi de trentenaires...

  

mardi, septembre 15 2009

Ab intestat

Je crois que je commence à prendre toute la mesure du titre de ce blog: "Ab Intestat".

Sérieux, mon ami, je ne sais pas trop où tu me l'avais trouvé, ce titre-là, mais aujourd'hui je me suis mise à cogiter ferme sur l'essence même de ce lieu où je me rends depuis des jours et des jours, en espérant trouver un texte de toi ou bien...une photo prise par toi...ou bien, zut quoi, juste un billet de rien qui justifierait que tu montres encore un peu d'intérêt à cette cachette, ce petit jardin secret qui pour moi semblait avoir un sens. Mais une page blanche. A la place.

Et "ab intestat", titre bien morne en ce mardi frisquet: le défunt n' a pas manifesté sa volonté par testament ou donation. Soit. Né un beau jour de printemps, Jörg ce serait évanoui durant l'été. Bel avatar que ce personnage. Mais hélas il aura ressemblé à ton baiser: "Je l'ai aimé, mais il est mort un peu vite"...

"Alors elle lui fit ce même signe de la main, ce même geste qui voulait dire de ne plus rester là, à la regarder. La dernière fois, elle avait pleuré et il lui avait alors été fort commode de lui mimer un sourire derrière la vitre du train. Derrière un écran de PC, au moins il ne verrai plus rien, mais elle pouvait lui jurer que cette fois rien ne serait plus pareil". 

A moins que tu ne trouves une fin plus heureuse à mon histoire, on peut écrire le mot FIN si tu veux.

jeudi, août 27 2009

Seul(e) dans la rue

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Une vieille carne, avec une barbe blanche argentée. Un roc sans âge malmené par les saisons, le visage comme buriné par le vent, le dos voûté, la canne à la main...J'allais, douloureusement et appuyant péniblement sur ma béquille pour tenter de prendre le bus 63 à hauteur du Jardin des Plantes.
Le métro passa sur le pont aérien de Saint-Marcel lorsque le pauvre ère me croisa. En guise de salut, il tapa sa canne contre la mienne ce qui me surprit tout d'abord. Il continua, amical comme s'il me connaissait depuis toujours: 
- "Mais qu'est-ce que tu t'es donc fait..?
- Fracture de la cheville. Suis tombée dans le métro". J'arrêtais le mouvement malgré moi.
- "C'est pas du vrai, c'est de l'eau..." Il avait vu que je fixais, suspicieuse, le magnum de Champagne qu'il tenait à la main. Il ajouta en faisant une moue qui accentua ses rides déjà fortement creusées:
- "Ca va être long, pour ton pied...
J'étais intriguée par le bonhomme. Je voyais bien qu'il avait envie tout simplement d'engager une conversation, quel qu'en soit le sujet. Ce qui était étrange sur le moment, c'est que nous nous déplacions au même rythme, voire du même pas boiteux, ce qui nous avait fait sourire d'un air compatissant, lui derrière sa barbe de Père-Noël, moi en le regardant par dessous. L'accroche s'était amorcée sans peine.
- Je dois aller bosser, je ne peux pas rester plus que ça...Je suis désolée
- T' travailles le samedi... ?" Et notre conversation s'est avortée sur une négative.

Depuis, le matin, j'entends souvent derrière mon dos et cela me fait sourire:
- "Eh...! La Béquille !". C'est devenu mon petit surnom, malgré le fait que je ne l'utilise plus aujourd'hui. Faudrait peut-être bien que je lui dise comment je m'appelle...
Alors je fais un petit signe de loin ou bien je lance un "Bonjour!" à la cantonade et j'ai le sentiment que cela lui suffit.
Les hommes seuls, dans la rue, notamment ceux qui vivent vers les foyers d'Austerlitz, il y en a beaucoup. Bizarrement, même solitaires, ils me donnent toujours l'impression d'être entourés, à l'écoute, ouverts aux autres. Il se trouve qu'à cette période, ce SDF a d'ailleurs été pratiquement la seule personne qui s'est préoccupé de mon état de santé en dehors de mes proches.


lundi, août 3 2009

Barré (IV) - En attendant

Il faisait presque trop beau pour la saison et le soleil perçant le ciel gris et lourd pesait sur mes jambes fatiguées et enrhumées. Mon nez, irrité de trop me moucher me faisait de plus en plus mal et j'avais eu beaucoup de peine devant le miroir, dans la salle de bain, à poudrer le massacre au petit matin. Deux bonnes heures et demie à tuer...J'allais me mettre à cogiter maintenant que j'étais arrivée à destination. Evidemment.

J'avais redouté ce rendez-vous et longtemps attendu, aussi. Peut-être serait-ce le moment de poser à plat quelques non-dits et de s'expliquer, d'avouer des choses. Peut-être aussi que de passer un temps si long à se parler sans se voir idéalisait l'image que l'on peut se faire de l'autre... ? Mais le fait est que pour moi, déjà, rien n'avait su changer depuis le lycée. Je m'arrachais les cheveux d'être aussi passéiste, d'ailleurs, de ne pas savoir tourner la page ou de quitter l'adolescence. Entre deux sushis, il y avait 3 ans, je l'entendais encore me dire: "...mais c'est fini maintenant ? Tu ne m'aimes plus... ? Regarde-moi dans les yeux !". Et moi de forcer mes pupilles à la façon d'un "réplicant"...Et puis ces doux yeux bleus, il valait mieux les oublier.

Metz était si calme à 10h du matin et son déca si bon marché sur la place Saint-Jacques ! Je regrettai un instant de vivre à Paris, rien que pour le breuvage. J'en commandai un double et fredonnai un air qu'il jouait autrefois à la guitare. Trop tard ma fille, il n'en joue plus de cette guitare, il n'est plus celui-là ! Une bonne demie heure à essayer de s'en convaincre, à visualiser des enfants, une femme...Les hommes passaient sur la place: je le voyais ça et là, nulle part et partout à la fois. Mal de tête. Mieux valait marcher un peu.

Alors, en longeant la cathédrale, je me retrouvai finalement et au bout du compte sur les bords de la Moselle. Là, je suivai quelques personnes, au hasard, puis me mis à contempler la parade nuptiale d'un cygne. Oeuvre fabuleuse de la nature...!   

Heure sonnante, le voici qui arrive et mon estomac semble vouloir sortir de ma bouche. Je sens mes neurones brûler plus fort encore que mon coeur alors qu'il me salue en descendant les marches du Pont des Morts. Nous nous disons bonjour et alors plus aucune question n'a vraiment d'importance si ce n'est que je comprends que je ne supporterai pas longtemps de griller du cerveau de la sorte. Ma torture devra cesser durant la journée. A ce moment, je suis encore loin d'imaginer où, quand et dans quelles circonstances. 

vendredi, juillet 31 2009

Etre un homme...

Changer de sexe, devenir celui-là, devenir un homme, pour un instant...

Sentir un nouveau grain de peau, s'aggraver le timbre de voix, durcir le muscle. Voir à travers d'autres yeux. Savoir si le monde devient alors différent ou s'il est le même, malgré tout. Etre un homme et sonder son esprit, sa façon de réagir face aux émotions et aux événements. Est-il aussi simple que la femme le laisse prétendre ?

Etre un homme et découvrir un nouveau panel de sensations, capter enfin quels sont ses peurs, ses buts et ses envies, se comporter comme lui, se rendre à ses mêmes plaisirs, les calquer. Imaginer ce qu'il se passe en lui lorsqu'il croise le regard d'une femme qui lui plaît. Comment aime-t-il ? Comment vient-il à l'amour ? Comment comprend-il les mots d'une femme ?

Je suis ce que je suis et il n'est pas rare que je cherche l'homme que j'aurais pu être parmis ceux que je croise. Lorsque cela arrive c'est toujours particulièrement troublant, mais n'ayant aucun syndrôme narcissique, il ne m'est jamais arrivé d'aller plus loin qu'une simple et franche amitié. Un tel pouvoir de substitution temporaire, hélas, ne pourra jamais m'être exhaussé. Mon corps de femme, parfois, m'ennuie un peu: ce serait drôle de faire une visite chez ces messieurs...  

Mais en toutes occasions, laisser libre cours à la part masculine, enjoler, couvrir du regard, charmer odieusement, mettre à nu la moindre opportunité de se mettre en avant devant l'autre pour plaire. Puis faire le premier pas, comme un homme, mais en étant femme. Enfin...c'est peut-être ça le must ?  

 

lundi, juillet 27 2009

Comment certains vivent

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Certains vivaient au "gris", ils sont partis au "vert". Femme et bébé sous le bras, vite, vite, il faut partir le plus vite possible pour bâtir, puisque c'est dans "l'ailleurs nature" que se vit le bonheur parfait. Qu'elle est belle la maison de famille où grandira la gamine dans les jupes de sa mamie qui lui fera des confitures de fraises !

Quelques feux de la St Jean et la maison est à vendre...

Certains ont toujours vécu au "vert". Le "gris", pour eux, se sont les 8h à passer au bureau, sans compter les 2h de route pour s'y rendre puis pour le fuir. Le "gris", pour eux, c'est parfois la lassitude de cet espace maculé d'ennui qui manque tant aux gens de la ville, le "gris", c'est ce désespoir de ne pouvoir se plaindre de cette situation environnementale quasi privilégiée.

Certains rêvent de "bleu", mais ne bougent pas du "gris". Alors que tous ceux qui sont au "vert" se font et se défont tout aussi vite, ceux-là ne s'engagent pas, projettent, mais ne se lancent pas. Tant de couples fragiles autour d'eux, tant d'obstacles pensent-ils encore devoir affronter qu'ils ne se risquent pas. Trop de temps à regarder comment certains vivent, à tenter de "regarder ensemble dans la même direction" qu'ils en oublient de regarder où ils en sont. Pourtant, ils sont prêts.

samedi, juillet 11 2009

Fixettes (Koma II)

Il fait gris ce matin. Une de ces grisailles lourdes d'été que je n'aime pas parce qu'elles éveillent mon Koma. Drôle de mot, "Koma", hein ? Eh! Bien! C'est un ancien ami virtuel qui me l'a déniché au détour d'une BD dans laquelle la jeune héroïne était atteinte, elle aussi. Depuis, affubler l'épilepsie de ce petit nom la rend, dans l'idée, plus supportable.

Dire que je me croyais, non pas guérie, mais stabilisée! Et puis d'un seul coup elle est revenue, plus sournoise et plus forte que jamais, trainant avec elle un lot de phobies étranges (peur de la foule qui marche en sens inverse et donc du moment où les portes des métros s'ouvrent, par exemple...) et d'impressions plus bizarres les unes que les autres (sentiment de recevoir n'importe quand des doses d'adrénaline: les gens autour de toi te parlent trop fort, tu deviens une petite souris dans un monde trop grand). Dans ces moment là, ton pouls bat très vite et tu es complètement perdue...

Je pleurais l'autre soir: il y a des jours où l'on a vraiment envie de baisser les bras. Je pense qu'il en est de même pour toute maladie invalidante. Et Il m'a dit ces choses que je sais déjà, mais contre lesquelles je ne peux rien: à savoir que toute mon émotivité, ma sensibilité étaient exacerbées par mon Koma, les façons dont je réagis toujours trop, mes larmes qui viennent trop vite, ma nervosité aussi. Je suis souvent poussée à l'extrême dans mes attitudes à cause d'une simple maladie. Non pas que je veuille lui mettre sur le dos tout ce que je vis de mauvais, mais je me suis rendue compte que ce que l'on peut résumer en terme d' "environnement mental" conditionne mes crises. 

Et tu l'auras sans doute vécu à tes dépends, j'enjolive, j'idéalise, je fabule. Mon adolescence a été désastreuse à cause du mensonge car, je crois, le pire dans le mensonge est le moment où celui qui ment se convainc de ce qu'il dit. Je n'ai jamais compris pourquoi j'ai raconté ces choses que j'arrive encore à croire moi-même aujourd'hui. Soyons objective, je ne suis pas encore véritablement consciente d'avoir fait du mal à mon entourage. Tout ce que j'espère, c'est que les personnes que j'ai touchées comprendront que je ne suis pas bien, mais que je ne recommencerai plus une chose pareille.

Je fais également ce que j'appelle des "fixettes". Je ne peux me défaire de certaines idées, je m'obsède (comme si le tableau n'était pas assez chargé). Et je dois bien me rendre à l'évidence: l'obsession, ça stresse, et le stress provoque des crises. Après tout, je n'ai jamais fait d'absence d'avoir trop ri et il y a même un original soucieux, un jour, qui m'a demandé si de jouir me faisait partir en crise épileptique...Il est aujourd'hui rassuré : )

J'ai beaucoup de mal à me défaire des bons moments que j'aie pu vivre. Je les ressasse, comme des vagues, sans fin. Si je pleure dans les trains qui me ramènent chez moi, c'est aussi parce que je sais que ce sera une nouvelle de ces vagues à gérer, à devoir me remémorer sans cesse. Le souvenir se décortiquera lentement durant des mois, voire des années. Le matin, au réveil, sur ma bouche, je sentirai encore un semblant de baiser m'envahir et le soir je reverrai le même décor, ces yeux se fermer doucement contre mon visage et je sentirai cet homme presque presque... Alors, il me sera difficile de garder une distance par la suite, de ne pas attendre de lui certains mots, difficile de ne pas tout tenter pour pouvoir un jour recommencer, ne serait-ce que dans l'échange silencieux d'un regard.

C'est ça, une "fixette". Je voudrais m'en défaire, bien que les souvenirs obsédant soient toujours les plus doux. En contrepartie, j'ai deux ou trois fois reçu en retour des "ça ne me dérange pas", "tu ne m'ennuies pas"...car après tout, lorsque je l'avoue, cet "amour obstiné" peut sembler platonique du moment que je ne rencontre plus les acteurs de mes plus charmants souvenirs (et ces messieurs semblent vite flattés, il faut bien le dire). Mais sincèrement, j'ai du mal de mon côté, car moi je le vis à 100% ! Certains l'ignorent, d'autres s'en fichent et les derniers ne comprennent pas.

A la fin, consciente qu'il s'agit là d'un problème lié à Koma et finalement très "littéraire dans le genre", très poétique, très romantique, je me dis que si je veux aller mieux, il faut que je le résolve.

Si tu as une idée, faisant toi-même partie intégrante de mes "fixettes"...

mardi, juillet 7 2009

Pour Jörg, quand je me perds dans nos univers...

                                                                        La nuit détaille
Mon corps en braille
                          Berlin m’appelle
Cocktail trinken
                                                          Discotheken
                                                                                                    Berlin m’appelle

                           L’amour est à 100 lieues de moi
                       L’ailleurs m’appelle
                                                 Je n’aime que toi
Mais c’est plus fort que moi
                        L’ailleurs m’appelle
Berlin m’appelle

Dangereux voyage
                                    Quand tout se perd
                                         Dans l’univers
J’oublie ton visage
                                                                                                         Et je me perds
                                     Dans l’univers

Mon ailleurs c’est ici Berlin m’allume et je m’oublie Elle me suit Où que j’aille

Loin de toi Une nuit Berlin m’appelle Et m’éblouit Et jaillit l’envie Où que j’aille

Berlin me veut           
                                     J’embrasse une  Langue étrangère
La nuit transpire
                                          Je veux qu’on me respire
                                                                                          J’aime à la pelle
                      Berlin ma belle

samedi, juillet 4 2009

Un pont dans le ciel (Koma)

Un pont dans le ciel
Alors l'infirmière, d'une douceur de voix que je n'oublierai jamais, me dit: "le liquide que je t'injecte va faire tout chaud dans ton corps...dis-moi quand tu le sentiras.
- Ca fait chaud, c'est rigolo!" dis-je pratiquement aussitôt et mon père me prit la main, complice ou apeuré.
-" C'est normal, monsieur..." fit l'infirmière, rassurante.
Alors le manipulateur scanner fit signe à tous qu'il était temps de passer aux "prises de vues". De mon côté, je retombais lentement dans mon "koma", mélange d'hallucinations tranquilles et de maux de tête indéfinissables.
Le caisson de la machine, prouesse technique pour cette année 1984, véritable révolution médicale pour l'hôpital dans lequel je me trouvais, se ferma au niveau de mes yeux de petite fille. Je me souviens des bruits de calibrages, je me souviens aussi d'une image: celle d'une espèce de "train passant sans fin de gauche à droite puis de droite à gauche sur un pont dans le ciel" et de ses petites lumières clignotantes.

J'avais 6 ans et je ne saurais dire aujourd'hui si je perdais pied dans cette machine ou bien si je m'obligeais, déjà à cet âge, à m'accrocher à des images bien concrètes pour éviter de sombrer totalement.
Il paraît que peu importe, que ce "pont dans le ciel" m'a sauvé la vie...

mardi, juin 30 2009

La fête des pères

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La fête des pères, quelle idée à la con...

mercredi, juin 3 2009

C'est comme les melons...

A la vue des premiers melons sur les étals, je ne peux m’empêcher de penser, sourire aux lèvres, de ce que m’avait confié un jour ma grand-mère, l’air moqueur : « Les melons, c’est le contraire des hommes : pour en choisir un bon, il faut prendre celui qui est lourd, qui sent fort et qui a une queue molle qui se détache assez facilement… ». J’avais 10 ans. Passé la surprise de penser que la mamie ait pu avoir une jeunesse elle aussi, j’avoue que la phrase avait fait son petit effet. Dès que renaît la belle saison, elle retentit toujours à mes souvenirs.

Mais je remarque aujourd’hui à quel point il est difficile de tomber sur le bon fruit ! Les adages d’une vieille dame vous feraient  presque oublier qu’avant de déguster ce délicieux dessert, encore faut-il ôter tous les pépins qui se trouvent en son cœur, bien concentrés au milieu et qu’il en reste toujours un ou deux qui échappe à votre cuillère.

Si vous vous appliquez, vous vous rendrez malheureusement compte que tout le jus s’est échappé du fruit, si vous l’avez ouvert trop tôt, sa chair n’aura pris aucun parfum, si vous l’oubliez, c’est un autre fumet  qu’il prend…

Enfin, voici que vous trouvez le melon parfait. Et ce sont toutes les dents qui pénètrent sa pulpe ! Ne vous laissant que la peau rognée, en quartier.  

Tu sais mamie, c’est dur de choisir les melons ! C’était peut-être plus simple à ton époque.

 

Et parfois, au supermarché, je vois des messieurs caresser, l’air dubitatif, des pêches jaunes et blanches. Alors je souris de nouveau et je me demande ce que leur grand-père a bien pu leur raconter lorsqu’il avait 10 ans…

mardi, juin 2 2009

Barré (III) - Looking for

Il avait sonné à la porte. Pas à celle d’une autre. Intentions louables ou bien peu scrupuleuses ? En tout cas, j’avais dévalé les pieds nus les marches de l’escalier à peine ciré.

Sourire de glace et l’œil plus pétillant que jamais, il osait m’adresser son bonjour, lui qui jamais ne me regardait, respirait le même air que moi et m’invitait à sortir faire un tour, par ce beau jour d’été. A califourchon sur son VTT, il me fixait, le visage sûr et triomphant. Je bredouillai milles excuses, prétextant préférer la marche à pied et…il posa sa bécane contre le crépi vieilli de la maison de famille.

La marche fut longue, à se raconter banalités, longue, longue, éprouvante physiquement, comme pour tester la limite de notre mutisme. Vers où allions-nous au juste ?

Revenus à notre point de départ, nos T-Shirts trempés par le temps lourd qui tournait à l’orage, nous montions vers ma chambre d’ado à la tapisserie inoubliable et nous écrasions, rompus, sur mon petit lit une place en riant. Je me souviendrai à tout jamais de ce rire qui s’est arrêté et de ma peur que tout s’enchaîne, pour la première fois.

J’ai touché son front, ses cheveux mouillés, je l’ai comme débarbouillé de sa sueur, puis me suis allongée, mon visage contre sa poitrine. Le tonnerre éclata.

Il me serra contre lui et glissa ses mains autour de ma taille. Je me sentais à la fois en sécurité et en proie aux plus délicieuses tentations pour un être qui jamais ne m’avait laissé une seule chance et dont le cœur battait maintenant à toute allure. A chaque coup de tonnerre, chaque éclair, ma respiration s’accélérait dans le creux de son cou, mon corps caressait le sien et comme envoûtée dans cette ambiance électrique, je cherchai sa bouche. Ses mains chauffaient ma peau, s’attardaient à chaque courbure, trouvaient souvent mes seins. Je me demandais, tout en le craignant ou tout en le désirant peut-être, qu’il brusque un baiser, une étreinte plus intime encore.

Peut-être m’espérait-il plus précoce ? Nos regards se croisèrent et il comprit que je ne lui cèderai pas la fleur.

Du moins pas tout de suite… Car je le contactai de nouveau quelques cinq ans plus tard. Force est de constater que devenu homme, celui-là n’avait rien perdu de sa superbe.

Je pense souvent à lui, notamment la dernière fois était la semaine dernière lors du très bon documentaire L’Odyssée de l’Amour passé sur France 2 qui m’a expliqué l’aspect « chimique » de mon attirance exclusivement sexuelle pour lui.

dimanche, mai 31 2009

Barré (II) - Cette rencontre

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A cinq heure du matin, il faisait déjà chaud. De son lit, il se leva délicatement, sans faire de bruit, se dirigea vers la fenêtre, l'ouvrit pour y laisser entrer un peu d'air. C'était l'heure où les oiseaux se réveillaient en chantant. L'ouverture, en faisant frémir les rideaux beiges, laissa entrer un petit bout du printemps naissant.
Dans le plus simple appareil, il se retourna pour la contempler. Elle dormait toujours, nue, sur le matelas au sol. La couverture lui recouvrait les jambes, les fesses et la moitié du dos. Ses cheveux en bataille ne cachait pas son visage, serein. Elle avait une peu douce comme il en rêvait depuis des années. Ses seins ronds lui étaient venus comme des caresses sur son torse. Ils avaient passé la nuit ensemble.
Il enfila un short, un t-shirt et sorti pied nus sur les pavés de la petite coure. Ses yeux oscillant entre le ciel et les arbres, il entamait sa première cigarette en pensant à ce qui s'était passé la veille.

Ca faisait quelque mois qu'il était étudiant ERASMUS en Allemagne. La vie, tout d'abord exaltante, tournait à la routine. Le groupe, les amis, les cours, les fêtes ... tout commençait à se ressembler. Les peines persistantes du passé refaisaient surface.
Un soir d'ennui avec Astrid, une amie, elle lui proposa d'aller rendre visite à Isabelle. Elle hébergeait un ami venu de France, de passage. La soirée tournait autour de jeux de cartes et de Pinaut. Une bonne ambiance et c'était leur première rencontre.
Isabelle était une petite brune pétillante, les cheveux rarement rangés, intelligente, vive et gaffeuse. Son visage réspirait la joie de vivre, ses yeux rieurs la transformait en soleil quand elle souriait. Tout en elle ressemblait au bonheur.
En aucun cas il ne pouvait espérer la séduire, il se trouvait si ordinaire et si triste. Et ce gars de passage, il ne devait pas être là pour rien ... Il avait appris à laisser tomber les occasions avant qu'elles ne se produisent, c'est pour cela qu'il n'avait pas osé envisager quelques relations que ce soit avec elle.

La routine repris son cours, le groupe, les amis, les cours, les fêtes ...
 
C'était un mardi et Astrid decida de lui faire une visite surprise. Elle n'était pas seule. Sur le palier de la porte, Isabelle était là aussi. Elles entrèrent, prirent quelque verres. Avoir deux filles chez lui, en tout bien tout honneur naturellement, ça lui arrivait relativement souvent, mais cette Isabelle là ne lui était pas indifférente, elle bougeait, riait, souriait tout le temps, une tornade de bonne humeur.
Tandis qu'elle s'était absenté un instant, Astrid lui dit : " Tu sais, elle n'est pas là par hasard...". Alors son cœur fit un bon dans sa poitrine.
Tous les trois, ils décidèrent de sortir dans le petit café étudiant qu'ils fréquentaient d'habitude à deux, maintenant à trois.
Le café, qui était en fait une cave, était maintenu par des étudiants qui l'avait meublé avec des objets récupérés ça et là. C'était noir de monde.  Chacun retrouva une ou l'autre connaissance et le groupe s'éparpilla.
Plus tard, faute d'interlocuteur, il s'assit dans un fauteuil en mauvais état. Finir sa bière et rentrer, non sans avoir essayer de glisser à Isabelle quelque mots, qu'il savait de toute manière vains.
Elle sortit de la foule, toujours aussi gaie. Un peu raide sur son dossier, ils commencèrent un discussion sans queue ni tête. Tout y passait, la vie, les études, des idées pour refaire le monde...
Après quelques minutes d'échange, elle s'assit sur ses genoux, fixa ses yeux dans les siens, à quelques centimètres de son nez. Il était pétrifié, paralysé. Elle brisa le silence de son rire. "Tu as de très beaux yeux", lui dit-elle et avant qu'il ne puisse dire un mot déposa ses lèvres sur les siennes. Un nouveau rire sorti de sa bouche.
En se redressant, elle ajouta, plus timidement, toujours le sourire au lèvre : " Tu sais, je crois que je vais louper mon dernière métro si je ne pars pas dans les quinzes prochaines minutes..." Trouver quelque chose à dire, il lui fallait trouver un moyen de combler la conversation pendant le prochain quart d'heure. Puis vint la franchise, à peine déguiser. "Tu sais, il y a un matelas en plus chez moi, si tu veux rester plus tard, je peux aller le chercher, l'installer par terre, tu pourras prendre mon lit et moi je ...". "Ok !" lui avait-elle répondu sans lui laisser terminer sa phrase.
Ils n'attendirent pas dix minutes pour rentrer chez lui. Le matelas avait bien été déposé au sol effectivement, mais dans la pénombre, leurs lèvres s'étaient de nouveau effleurées , embrassées puis assaillit. Lui sur le dos, il lui avait enlevé son t-shirt. Ses mains effleuraient sa peau, comme un souvenir magnifique mais oublié qui ressurgissait du passé. Il la pressait contre lui, la repoussait en lui caressant la poitrine, le ventre et les épaules. Ses cuisses sur les siennes, son lobe dans la bouche, ses mains sur sa peau, tout se mélangait dans une grande sensation de plaisir retrouvé.

Ils s'aimèrent.

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